GenZ et technologie : comment mieux apprendre aujourd'hui ?

Les jeunes et la technologie : voilà deux mots qui, utilisés ensemble, ont tendance à faire peur. Les risques et les appréhensions sont nombreux. Mais que savons-nous de l’avis des concernés sur le sujet ? Y a-t-il un vrai problème avec l’usage de la...

GenZ et technologie : comment mieux apprendre aujourd'hui ?

Le monde n'a jamais autant évolué que depuis l'apparition de la GenZ. L'éducation ne fait pas exception, et pour continuer à intéresser les étudiants, les professeurs doivent redoubler de créativité. Mais alors, quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?

Elisa Raphelot Par Elisa Raphelot, le 25 mars 2025

Les jeunes et la technologie : voilà deux mots qui, utilisés ensemble, ont tendance à faire peur. Les risques et les appréhensions sont nombreux. Mais que savons-nous de l’avis des concernés sur le sujet ? Y a-t-il un vrai problème avec l’usage de la technologie chez les jeunes, et cela a-t-il une influence sur leur apprentissage ? Permettez-moi de vous faire part de mon expérience d’étudiante et de la manière dont on nous a appris à utiliser la technologie pour améliorer notre expérience étudiante.

Mon expérience avec la technologie est un peu particulière. En effet, j’en ai vu plusieurs facettes et je l’ai utilisée de manières très différentes au cours de mon parcours universitaire, en France et en Chine...

Mieux apprendre et assimiler le contenu grâce aux outils interactifs 

Booster l’engagement en classe

Concentrons-nous pour l’instant sur ce que j’ai vu de l’usage de la technologie en France. À l’université, nos professeurs vérifiaient nos connaissances à la fin d’un chapitre avec des quiz Kahoot! afin de nous impliquer davantage tout en nous faisant progresser de manière ludique.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Kahoot!, laissez-moi vous en faire une brève présentation : Kahoot! est une application permettant à n’importe qui de créer un quiz et d’en générer un QR code pour que les étudiants puissent y participer dans la salle de classe, ou bien à distance lors d’une classe virtuelle. Chaque élève choisit un pseudonyme et le but est de répondre le plus juste et vite possible. Les trois élèves avec le plus de points à la fin de la session terminent sur le podium, leur offrant la gloire éternelle (le temps de quelques secondes tout de même).

J’en garde un très bon souvenir, d’autant plus que cela permettait d’impliquer la grande majorité de mes camarades et moi-même. Ces quiz permettent également d’encourager une rivalité saine entre les étudiants, avec pour seul enjeu le podium final. Bien que sceptique de prime abord, j’ai fini par aimer le concept des Kahoot, à tel point que j’ai commencé à utiliser l’outil pour réviser mes propres cours !

Mieux réviser grâce à la technologie

Dans cette même optique d’améliorer mes sessions de révisions pour mettre toutes les chances de mon côté en période d’examens, j’ai découvert Quizlet, un site web permettant de créer ses propres flashcards afin de tester ses connaissances. Je transformais chaque point-clé de mon cours en une question précise pour finir par obtenir une centaine de questions à étudier par matière. Le plus amusant était de partager mes quiz avec mes amis et de passer nos après-midis à les réviser ensemble.

Cette méthode s’est révélée très efficace pour moi car elle me permettait de revoir les points du cours tout en expliquant mes questions à mes amis qui pouvaient avoir du mal à comprendre. Ils étaient eux-aussi ravis car mes quiz leur faisaient gagner un temps de révision précieux, n’ayant plus besoin de synthétiser leur cours eux-mêmes. Résultat : mes Quizlets ont fini par être partagés à toute ma classe, je n’avais jamais eu d’aussi bonnes notes et j’ai obtenu le badge top créateur sur Quizlet ! 

Finalement, j’ai réellement eu l’impression de me rapprocher de mes camarades de classe grâce à de simples quiz. Je pense donc que la technologie m’a aidée en plusieurs sens, d’abord celui d’améliorer ma capacité à retenir des informations, mais aussi celui de me faire des amis.

S’il est vrai que la technologie m’a aidée à plus m’intéresser aux cours, j'ai aussi remarqué une diminution progressive de mon temps d’attention année après année, et je ne suis pas la seule. Les cours de deux heures ou plus sont devenus de plus en plus difficiles à suivre, et cela, les profs l’ont bien réalisé...

C'est ainsi que la plupart d'entre eux se sont mis à ajouter des vidéos à leur présentation, marquant une pause bien appréciée parmi toutes les connaissances à retenir. Si il y a une chose que j’ai remarquée, c’est que la plupart des étudiants ne sont vraiment concentrés que lorsque le professeur lance une vidéo pour illustrer ou compléter le cours. Il est également très difficile pour nous d’assurer une prise de note efficace tout en écoutant attentivement ce que le professeur explique, tout cela parfois sans avoir de support visuel pour nous guider. Ainsi, le moment où l’enseignant presse le bouton play d’une vidéo constitue souvent le seul vrai échange entre le professeur et son auditoire.

Les enseignants ont bien compris que les étudiants évoluent et que la manière d’apprendre doit pouvoir s’y adapter. Mais qu’en est t-il du reste du monde ? Les professeurs utilisent-ils tous la technologie aux mêmes fins, et les élèves ont-ils tous le même rapport à la technologie ?

Mon expérience en Chine : les clés pour favoriser un cadre plus collaboratif

Eh bien non ! J’ai eu l’occasion d’étudier en Chine pendant six mois, et j'ai bien constaté que la technologie occupait une place différente au sein de leurs universités.

Mes cours en Chine se déroulaient dans de petites classes d’une trentaine d’élèves et la plupart de la communication entre professeur et élève passait par une messagerie électronique. Les dates d’examen, de vacances ou toute autre information étaient communiquées via le groupe de classe de l’application WeChat, dont les professeurs faisaient partie. C’est la première chose qui m’avait intriguée, car en France, les groupes de classe sur les réseaux sociaux sont uniquement fréquentés par les élèves et il serait très inattendu pour un professeur de l’intégrer. Mais en Chine, c’est la seule manière dont les institutions communiquent. 

Pour ce qui est de la communication en classe, là encore les choses sont différentes. Les élèves sont généralement beaucoup plus timides qu’en France et n'ont pas du tout le réflexe de lever la main ou prendre la parole. Alors les professeurs ont trouvé une alternative pour tout de même pousser les étudiants à réagir au cours, même pour les plus réservés. Ils utilisaient l’application chinoise DingDing pour poser des questions sur le cours aux étudiants qui envoyaient alors leur réponse via leur smartphone. Celle-ci s’affichait ensuite au tableau et les professeurs y réagissaient en direct avec la classe. Chaque élève était tenu d’envoyer au moins une réponse afin d’alimenter la participation en cours sans subir la pression du regard des autres.

C’était à mon sens une très bonne utilisation de la technologie dans le contexte de la culture chinoise. Je pouvais réellement voir la différence entre les professeurs qui utilisaient DingDing et ceux qui ne le faisaient pas. Dans les classes où l’application n’était pas utilisée, les élèves qui prenaient le plus la parole venaient de cultures occidentales. Il était donc d’autant plus intéressant d’avoir un moyen d’échanger avec les étudiants asiatiques, aussi bien en tant que professeur qu’en tant qu’élève.

Dans le même sens, les devoirs de groupe à restituer se faisaient exclusivement en vidéo. Cela permettait d’enlever, pour ces mêmes élèves, la pression de ne pas avoir le droit à l’erreur, ou encore de devoir présenter devant toute la classe. Avec le devoir en vidéo, ils peuvent s’y reprendre autant de fois qu’ils le souhaitent sans avoir le double stress du passage unique et de la pression sociale liée à l’oral. 

En règle générale, les réseaux sociaux en Chine ont été adoptés par la majorité des enseignants et sont utilisés avec beaucoup moins d’appréhension qu’en France dans l’éducation. J’ai notamment vu beaucoup de professeurs utiliser l’équivalent chinois de TikTok, Douyin', pour illustrer le cours aux étudiants. Lorsque j’essaye d’imaginer ce qui se passerait si je proposais à mes professeurs en France de faire la même chose, je sais que je serais confrontée à beaucoup d’appréhension de leur part, et même peut-être une pointe d'incompréhension. Force est de constater qu’en France, les réseaux sociaux sont vus sous un jour bien plus noir, parfois évidemment à juste titre, mais également parfois sans réel fondement. Et finalement, de ce que j’en voyais en Chine, beaucoup d’élèves réagissaient à ces vidéos qu’ils avaient même parfois déjà vues avant, en partageant à leur tour des anecdotes ou d’autres vidéos, liées au même sujet, alimentant ainsi la discussion dans un contexte qui semble beaucoup moins formel.

Et finalement cette culture de l’échange à travers la technologie dans l’éducation chinoise est à l’image de la société du pays, ultra-connectée mais pas dépourvue d’humanité

Conclusion

Puisque dans cet article je donne mon avis sur l’usage de la technologie chez les jeunes et dans un contexte éducatif, j’aimerais vous offrir un propos nuancé sur le sujet. Je vous ai montré les points positifs de la technologie, mais tout n’est évidemment pas rose. Aujourd’hui, l’IA est au centre de toutes les discussions et peut être facteur de beaucoup d'appréhensions venant du corps enseignant, car qui dit “IA” dit “aide inconditionnelle pour les étudiants” et donc “abus”. Mais doit-on réellement rejeter la faute sur les apprenants ? Selon moi, cela ne devrait pas être le cas. On a fourni à ma génération des outils qui nous dépassent, avec des possibilités infinies mais des risques à la même hauteur, sans nous apprendre à nous en servir. Il me paraît injuste de blâmer les jeunes pour l’utilisation que nous en avons fait quand nous n’avions aucune information sur la façon dont procéder. Je pense donc que pour utiliser la technologie, nous avons besoin de lignes de conduites claires et établies pour éviter les dérives, et nous protéger sans pour autant nous priver de ces avancées.

Il faut également être réaliste : ces outils existent, et la technologie est partout. Il n’est plus l’heure de se demander s'il faut utiliser la technologie, mais plutôt comment. Désormais, tout est dispensé sur les sites internet des universités, il serait donc déplacé d’inciter les étudiants à ne pas s’en servir.

Internet et la technologie nous offrent tant de possibilités. Pour suivre le rythme et continuer à intéresser les prochaines générations, il nous faut apprendre à le faire efficacement. Commencer à filmer ses cours et les transformer en courtes capsules vidéo interactives peut en ce sens être un bon début pour un professeur qui souhaite trouver un moyen novateur d’intéresser ses apprenants. 

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