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Le tout numérique, une bonne idée ?

Deux confinements et des heures de cours en ligne plus tard, je me suis posée la seule question légitime du moment afin d’envisager au mieux l’avenir de l’Enseignement Supérieur : le tout numérique est-il pertinent dans un monde post COVID ?

Depuis bientôt un an, les cours ont presque tous été dispensés à distance — à l’exception de “l'entre-deux-confinements" qui a vu l’émergence de l’enseignement hybride —. Il est donc normal de se questionner sur l’efficacité du tout numérique et sa faisabilité dans le futur. Je vous propose donc dès maintenant d’examiner ce format devenu le “nouveau normal” de 2020 (et potentiellement 2021…), d’y voir les possibilités que cela offre, tout comme les inconvénients sur le long terme. C’est parti !


Ce que le numérique peut vous offrir

Depuis le printemps dernier, le tout numérique s’est imposé aux établissements de l’Enseignement Supérieur. Cela aura eu le mérite de démontrer les possibilités élargies de ce format. Revenons donc sur ses réussites, qui selon moi justifient que l’on continue à dispenser des cours en ligne, même dans un modèle post-COVID.

En tant qu’étudiante ayant suivi l’intégralité de ses cours en ligne depuis septembre, j’ai relevé quatre avantages de ce format.

1) La flexibilité flexibilité

Avec des dispositifs asynchrones, les étudiants ont la possibilité d’organiser leur temps comme ils le souhaitent, de voir et revoir leurs cours et donc d'aller à leur rythme plutôt que de se conformer aux standards du groupe. Autre atout : le format digital lève entièrement les contraintes de temps et d’espace.

 

2) L’interactivité
interactivitéLorsque l’on pense cours à distance, on ne pense pas tout de suite aux possibilités en termes d’interaction entre enseignant/étudiants et étudiants/étudiants. Et pourtant, de nombreux outils numériques intégrés aux plateformes de video learning proposent aujourd’hui des exercices interactifs (questionnaires, sondages, etc.) qui permettent aux enseignants d’interagir, de captiver, et de juger de la compréhension de leur audience en direct.

Ces méthodes permettent ainsi de gagner en ancrage mémoriel. Autre exemple des progrès des plateformes à cet égard : avec le MediaServer d’UbiCast vous avez la possibilité de poser des annotations (commentaire, question, etc.) dans la sidebar du player à un moment précis du cours facilitant ainsi les échanges contextualisés sur des points mal compris par exemple.

3) Les fonctionnalités intelligentes
fonctionnalités intelligentesAvec des plateformes vidéo dites “intelligentes”, le contenu des cours est directement indexé afin de faciliter leur recherchabilité par les étudiants.
UbiCast a pour sa part développé le Dynamic Rich Media, une fonctionnalité qui démontre toute son utilité pour les cours en laboratoire par exemple. Avec plusieurs angles de vues disponibles, l’étudiant est assuré de bien voir, ce qui n’est pas forcément le cas en physique.
Enfin, dernière fonctionnalité que je juge utile, mais pas des moindres : l’analyse des statistiques de visionnage. Il est très important de voir ce qui a fonctionné, et à l’inverse ce qui peut être amélioré pour l’enseignant, afin éventuellement d’adapter sa méthode d’enseignement pour les cours suivants.

4) La personnalisation
personnalisationDans l’enseignement traditionnel, les professeurs doivent se conformer au niveau général de la classe. Cependant ce niveau est pour certains en dessous ou bien au-dessus de leurs capacités. Et tous les établissements n’ont pas les ressources pour diviser leurs classes en sous-groupes de niveau. Grâce au numérique, les enseignants peuvent dispenser leurs cours en synchrone et proposer de le revoir en asynchrone dans un deuxième temps (que cela soit en distanciel ou non) avec les étudiants qui auraient des difficultés à assimiler le contenu. Ainsi, le numérique offre de plus grandes possibilités afin de délivrer la meilleure expérience d’apprentissage pour l’étudiant.

Un format qui ne remplacera pas totalement les cours en présentiel

Le format digital c’est bien, mais il ne faut pour autant pas jeter aux oubliettes le format traditionnel, en physique, qui n'en reste pas moins essentiel.

 

 

Une méthode d’apprentissage par la vidéo est bénéfique si et seulement si elle est bien encadrée et complétée par de l’apprentissage en présentiel et en physique


D’après mon expérience, je dirais que les travaux de groupes tout comme l’apprentissage collaboratif sont largement facilités dans cette configuration. L’apprentissage dans une salle de classe peut aussi avoir du bon dans le sens où elle pousse les élèves à participer davantage et à développer leur esprit critique, notamment lors d’échanges avec les autres étudiants. Dans cette méthode d’apprentissage active, les étudiants peuvent davantage s’exprimer et communiquer, ce qui les engage encore plus, et augmente leur niveau de concentration et d’assimilation.

On peut donc retenir qu’une méthode d’apprentissage par la vidéo (à distance) est bénéfique si et seulement si elle est bien encadrée et complétée par de l’apprentissage en présentiel et en physique, afin d’entretenir les liens en dehors de la sphère digitale.


Les cours hybrides, une solution post COVID plus viable

Vous l’aurez donc compris, chacun de ces formats recouvre de nombreux avantages, qui plus est complémentaires. Alors, pourquoi ne pas combiner les deux ?

En s’intéressant aux méthodes d’apprentissage mises en place pendant cette crise sanitaire (cf étude de La Mission APUI), on peut noter qu’en tête des points positifs retenus par les étudiants figurent l’implication des enseignants, l’organisation du temps, l’autonomie et le rythme d’apprentissage. D’où l’importance de garder une part des enseignements en ligne pour l’après COVID.

La solution résiderait donc dans le blended learning (ou hybridation des cours) qui permettrait de profiter à la fois des bénéfices du format online et du format offline. On tire le meilleur de chacun pour garantir le succès des étudiants en leur proposant une méthode d’apprentissage qui leur correspond.
Un enseignement hybride signifie que certaines parties du cours s’effectuent en présentiel et d’autres en ligne, mais elles sont toujours complémentaires et combinées de manière à répondre aux besoins des étudiants et à leurs objectifs.

Hybridation des cours peut aussi rimer avec classes inversées. Personnellement, je trouve ce format très intéressant et adapté aux besoins des étudiants. On reste à distance pour apprendre, et on se déplace en cours pour mettre en pratique et interagir. Avec ce format, on passe clairement d’une méthode d’enseignement classique à un réel accompagnement de l’apprentissage. C’est pour moi le format qui a le plus d’avenir car il apporte une réelle valeur ajoutée à l’enseignement.


Vers une plus grande digitalisation des enseignements pour l’après-COVID ?

Comme vous l’aurez compris, je ne crois pas au tout numérique. Les cours en ligne apportent des solutions que les cours en physique sont incapables d’amener, et inversement. De ce constat, il reste que l’hybridation des cours (avec la mise en place ou non d’un système de classes inversées) paraît être la solution la plus viable à long terme afin de garantir la réussite des étudiants.

 

 

Les campus sont et doivent rester des lieux de rencontre et d’expérience pour les étudiants.

 

Il est évident que dispenser trop de cours en ligne a un effet contre-productif, comme le décrochage scolaire en hausse actuellement. De plus, il ne faut surtout pas sous-estimer l’importance des campus physiques dans la réussite étudiante : ils constituent de véritables lieux de socialisation qui ne sauraient être remplacés par des chats interactifs ! Les campus sont et doivent rester des lieux de rencontre et d’expérience pour les étudiants. Et puis, la vie sur le campus c’est aussi l’émergence d’un sentiment d’appartenance fort à son université qui se manifeste donc directement en physique et qui est essentiel au bon équilibre entre cours et vie extra-scolaire.

Mais alors, quel format d’enseignement pour demain ?

cours en présentielLa crise sanitaire que nous connaissons a largement servi à réinterroger les pratiques pédagogiques. Il est important de prendre note de ce qui a fonctionné ou non pendant cette période. Je pense ainsi qu’il serait dommage de revenir au modèle d’apprentissage pré-Covid19, alors que le modèle numérique apporte aussi des solutions satisfaisantes à plusieurs égards.
Dans la période qui suivra, j’imagine le futur de l’Enseignement Supérieur s’organiser autour de campus hybrides et reposer sur un modèle de classes inversées ou de blended learning. Une grande partie des cours serait dispensée en présentiel afin de garder le contact en dehors de la sphère digitale, et l’autre partie à distance puisqu'elle offre aux étudiants une plus grande flexibilité et leur permet de ne pas être soumis à un modèle d’apprentissage rigide, mais plutôt de s’organiser comme ils le souhaitent, ce qui est nettement plus productif.


Et vous, quelles pistes d’amélioration envisagez-vous ? Comment voyez-vous le futur de l’Enseignement Supérieur ? Dites-nous tout en commentaire !

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